
Note: ce billet de blog a été synthétisé à partir des articles
énumérés ci-dessous (voir la rubrique « Références »),
publiés pour la plupart la semaine dernière, et pour l’un d’eux
avant-hier, dans les médias suisses francophones. J’ai utilisé Grok
avec une série de prompts pour adapter le contenu factuel afin
de refléter mon lien personnel avec cette tragédie; toutes
les anecdotes mentionnées sont réelles.
Toutes mes
prières et mes pensées vont aux victimes, à leurs familles et à tous
ceux et à toutes celles touché/es par cette tragédie bouleversante.
À environ un kilomètre de chez moi, à une quarantaine de mètres plus haut sur les collines de Lausanne à Épalinges, se trouve le Centre de production cellulaire du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Ce laboratoire qui ne paie pas de mine vu de l’extérieur, le seul de son genre en Europe,[2] s’est soudain retrouvé au cœur de la réponse médicale à une tragédie survenue à plus de 100 kilomètres de là, à Crans-Montana.
Le 1er janvier 2026, un incendie dévastateur a ravagé le bar « Le Constellation », laissant des dizaines de personnes avec des brûlures potentiellement mortelles, dont beaucoup couvrant plus de 60 % de leur corps.[2] Vivant si près de cette installation spécialisée du CHUV, cette catastrophe m’a frappé de plein fouet – non seulement parce que tant de victimes sont jeunes, mais aussi à cause d’échos personnels douloureux qui ont rendu l’événement inévitablement proche.
Par exemple, ma mère avait exprimé à plusieurs reprises un fort pressentiment inquiet concernant les célébrations du Nouvel An, seulement quelques heures plus tôt, en me mettant en garde contre une catastrophe imminente ; je l’avais écarté, pensant que de tels sentiments étaient courants autour des fêtes, bien que je regrette maintenant de ne pas l’avoir pressée pour plus de détails sur ce vague mauvais pressentiment qui l’habitait. Puis sont venus les quasi-accidents glaçants : la fille de l’un de mes amis les plus proches est passée juste devant le bar mais n’y est pas entrée à cause de la file d’attente et du prix. Mon père a également mentionné que ma nièce y était allée lors de visites précédentes, ma sœur et son mari ayant fait plusieurs séjours à cette station avant d’opter pour Verbier pour le ski. Même un collègue de travail, qui vit au Tessin et n’avait aucune idée de la tragédie, est arrivé à Crans-Montana pour une visite prévue le premier jour de l’année, seulement pour recevoir le choc de sa vie. Avant-hier, mon coiffeur m’a dit qu’il connaît personnellement les parents de deux adolescents gravement brûlés – l’un âgé de 16 ans, l’autre de 17 ans, ce dernier ayant dû subir des amputations de membres. Ces synchronicités, qui ne sont donc pas limitées à la Suisse romande et s’insinuent presque même dans mes conversations quotidiennes, m’ont laissé profondément ébranlé et ont accru mon attention pour le travail discret et urgent qui se déroule tout près de chez nous.
Agréé par Swissmedic, le centre traite normalement seulement 15 à 25 cas graves de brûlures par an,[2] y compris des demandes venues de toute l’Europe. Pourtant, dans les heures suivant l’incendie, il a reçu au moins 11 échantillons de peau de victimes, avec d’autres attendus.[3] Ce flux sans précédent a poussé la petite équipe à ses limites. Au CHUV, neuf grands brûlés de Crans-Montana sont hospitalisés, mobilisant intensivement les ressources et cette expertise unique en Suisse romande. La prise en charge de ces patients nécessite une réorganisation majeure des soins intensifs, qui impacte la planification habituelle des interventions, comme l’indique la directrice du CHUV, Claire Charmet, en poste depuis six mois : « La phase de sprint est finie et c’est le marathon qui démarre ».[6] L’unité de soins intensifs pour adultes, dotée de 30 places et généralement occupée à 100 %, voit son occupation dépendre non seulement des urgences, mais aussi d’activités programmées. « Les patients brûlés ont des besoins spécifiques avec des durées de séjour beaucoup plus longues que la plupart des patients. Ce qui veut dire qu’un certain nombre de places sont mobilisées pour ces patients et sont annulées dans le dispositif », explique Claire Charmet. « Et les patients brûlés vont nécessiter tôt ou tard des chambres individuelles ».[6] Le CHUV se réorganise pour que ce soit tenable, avec des mises à jour dans les formations et des équipes renforcées. Claire Charmet balaie une rumeur : « Nous n’avons pas eu recours plus que d’habitude à des intérimaires, surtout auprès des grands brûlés. On préfère avoir nos équipes formées, quitte à prendre des intérimaires ailleurs dans le CHUV ».[6]
Le processus que les opérateurs/opératrices du Centre de production cellulaire du CHUV réalisent est extraordinaire : à partir d’une petite biopsie de la peau saine restante de chaque patient, les biologistes cultivent des feuillets d’épiderme en conditions stériles. En trois ou quatre semaines, ceux-ci deviennent des greffes fines, translucides et flexibles capables de couvrir jusqu’à 2 600 cm², soit environ la surface d’un dos.[1] À partir d’un échantillon de 10 cm², on peut produire en trois ou quatre semaines l’équivalent de cette surface corporelle, soit 45 feuillets de la taille d’une main.[6] Comme le tissu est autologue, il n’y a aucun risque de rejet, et les greffes deviennent permanentes, même si elles manquent de caractéristiques complètes de la peau comme les pores ou les poils.[2] Les patients brûlés ne peuvent être greffés qu’avec leur propre peau : soit on prélève sur les parties intactes (en général les jambes), soit on produit des cellules, ce que fait le CHUV. Les deux techniques se superposent d’ailleurs.[6] Habituellement, le centre produit des peaux artificielles pour quatre à cinq patients. Il doit aujourd’hui en fabriquer pour 14 ou 15, ayant doublé sa capacité pour répondre à cette demande spéciale.[6]
Le personnel a parlé du poids émotionnel de traiter autant d’échantillons provenant de jeunes victimes en même temps, pourtant ils se sont mobilisés immédiatement et volontairement. Claire Charmet a décrit l’engagement inébranlable de l’équipe face à une demande écrasante : « On a aussi un certain nombre de personnes qui sont effectivement extrêmement touchées, des professionnels aguerris qui sont impactés psychiquement par cette situation. On a mis un gros dispositif de suivi de nos collaborateurs avec la psychiatrie de liaison, avec la médecine du travail. On sait que les moments difficiles viennent après l’action ».[6] Stéphanie Droz-Georget, responsable de production au Centre de production cellulaire du CHUV, a quant à elle souligné les détails techniques du processus dans un reportage récent.[5]
Il est bon de s’arrêter un instant pour réfléchir au fait que les jeunes touchés à Crans-Montana ont la chance d’avoir accès à ces soins spécialisés de classe mondiale si près de chez eux. Dans les régions en proie à des conflits armés – comme Gaza, l’Ukraine ou la Russie, pour ne citer que ceux-ci – les enfants, adolescents et autres personnes souffrant de brûlures dévastatrices similaires font souvent face à d’immenses obstacles pour recevoir un traitement avancé comparable.
Cet événement déchirant a attiré une attention rare sur un joyau méconnu de la médecine suisse, juste au pas de ma porte. Pour les victimes confrontées à des défis à vie, le centre offre non seulement la survie, mais un véritable espoir. Alors que la récupération commence, le dévouement de ces scientifiques nous rappelle que la compassion et l’expertise travaillent souvent en silence, mais avec une grande efficacité – parfois dans les endroits les plus proches de nous.
Autorisation d'exploitation et contexte
https://www.chuv.ch/fr/pharmacie/pha-home/prestations/centre-de-production-cellulaire/autorisation-dexploitation-par-swissmedic
(Détails sur le site d'Épalinges et son agrément Swissmedic.)